Une émission de Musiq3
Carnet de notes 2009-06-08 GF Haendel au temps du Messie
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Haendel tous azimuts au Festival de WallonieSerge Martin dans Le Soir mercredi 10 juin 2009, 13:03
« Le Messie », le « Dixit Dominus » et « Judas Macchabaeus »... La musique religieuse de Haendel fera les beaux jours de l'été wallon.C'est une initiative conjointe de la section centrale du Festival de Wallonie et du Centre d'art vocal et de musique ancienne de Namur (puisque tel est le nouveau nom du Centre de chant choral). Coproduits par ces deux institutions, les concerts sont ensuite offerts aux festivals locaux, ce qui permet de renforcer l'image commune du festival, la musique chorale de Haendel devenant le fil rouge de la programmation de ses diverses sections. Et ça fonctionne. (Il ne manque plus, côté pratique, qu'un « pass » qui permettrait aux auditeurs de souscrire un miniabonnement au cycle complet et de choisir leurs lieux de concerts.)
Au centre du projet, des forces maison : le Chœur de chambre de Namur et Les Agrémens. Un répertoire que le Chœur de chambre n'a plus pratiqué depuis un certain temps. « Il y a à cela deux raisons, explique Jean-Marie Marchal, directeur du Centre. Des soucis financiers, qui nous ont amenés à nous éloigner des productions trop lourdes, et le souhait de suivre la spécialité de notre chef Jean Tubéry, qui est un remarquable spécialiste du XVIIe. Mais quand on regarde notre histoire, jusqu'en 1996-97, nous chantions une grande œuvre de Haendel chaque année et, bien souvent, nous nous exportions à l'étranger. » C'est en effet une caractéristique du Chœur de chambre de Namur d'exister par lui-même et non par référence à un chef en particulier, comme c'est souvent le cas avec les autres ensembles directement liés à Herreweghe, Christie ou Minkowski. Entre-temps, la sonorité du Chœur a changé : une exigence accrue en fait de recrutement, l'acquisition d'une souplesse et d'une légèreté hors pair au contact de la musique du XVIIe siècle. « C'est justement cette souplesse que nous voulons mettre au service d'Haendel. Le Dixit Dominus aura des effectifs plus réduits mais nous ne dépasserons pas les vingt chanteurs pour l'exécution des deux grands oratorios,
The Messiah et Judas Macchabaeus. Je garde à l'esprit cette maxime chère à Jean Tubéry : “Mieux vaut travailler avec vingt chanteurs au top, plutôt qu'avec quarante chanteurs moyens.” »
Trois perspectives
Autre originalité de l'aventure : ces Haendel ne rentreront pas dans un moule unique. Ils refléteront chacun la personnalité des trois chefs invités à les diriger. Avec Guy Van Waas qui prendra en charge The Messiah, Haendel sera vu dans une perspective qui descend du classicisme tout en restant fondamentalement baroque. Avec Jean Tubéry, qui l'associera au même programme à Purcell, on prendra plutôt le pouls de l'histoire en « descendant un arbre généalogique ». Avec Leonardo Garcia Alarcon, c'est toute l'imagination exubérante des baroqueux argentins qui débarque.
S'il réoriente en partie l'expérience des dernières années du Chœur de chambre de Namur, « le projet ne s'inscrit pas moins dans une tradition de diversité qui l'a toujours animé. Il ne faut jamais oublier qu'au-delà de notre fonction de concert, nous accomplissons aussi une autre mission : offrir un terrain de formation aux jeunes chanteurs de haut niveau qui sortent de nos conservatoires et pour lesquels, hormis les chœurs d'opéra qui travaillent selon d'autres normes, il n'y a guère de débouchés pour apprendre un métier. Nous devons donc à la fois répondre à nos critères d'excellence et offrir à ces jeunes la palette de répertoires qui leur est nécessaire d'approcher. Il nous faut donc sans cesse associer de nouvelles voix sans affecter l'équilibre de la production. » Pas si simple de cumuler ces exigences d'excellence et de formation. Tout cela mobilise finalement pas mal de monde. Le Chœur de chambre travaille sur un fichier de 80 chanteurs : 60 % de Belges et 40 % d'étrangers. Dans le contingent belge, près d'un tiers sont de jeunes talents. Par la suite, chacun de ces jeunes éléments développe son type de carrière : certains continuent à travailler avec nous et combinent ce travail avec des tâches d'enseignement. D'autres suivent une carrière de « free lance
», à l'instar des instrumentistes, et passent selon les besoins d'un ensemble à l'autre. Une telle exigence de niveau rend impossible le recours à des amateurs. Ceux-ci se retrouvent par contre dans le Chœur symphonique qui redémarre cette année avec quelques années de silence. Sur un chœur de 80 personnes, environ 50 % seront des amateurs de haut niveau et le reste sera issu de milieux professionnels ou estudiantins (notamment du côté des élèves en direction de chœur de l'Imep). « Cette année, nous aurons deux productions avec l'OPL : Rédemption, de César Franck, et le ballet intégral de Daphnis et Chloé. A terme, notre objectif est d'arriver à un rythme de trois productions par an. »
A Namur, Saint-Hubert, Stavelot, Liège, Nivelles ou Tournai, c’est un Haendel choral qui est le fil rouge du Festival de Wallonie. © D.R.
Haendel : The Messiah, Dam-Jensen, Pedley, Laing, Corwell, Harvey, Van Waas ; Flagey, 13.6 ; Namur, église Saint-Loup, le 10.7 ; Saint-Hubert, Basilique, le 11.7
Haendel : Dixit Dominus, Mausch, Bertin, Geslot, Saragosse, Tubéry ; Namur, église Saint-Loup, le 8.7 ; Stavelot, église Saint-Sébastien, le 2.8
Haendel : Judas Maccabaeus ; de la Rosa, Rewerski, Schrofin, Sakurada, Meerapfel, Alarcon ; Liège, église Saint-Barthélemy, le 22.9 ; Nivelles, Collégiale, le 23.9 ; Tournai, église Saint-Jacques, le 24.9
Places disponibles au bureau de vente des différents festivals et sur
www.festivaldewallonie.be.