HAYDN À PARIS : SYMPHONIES "LES ADIEUX", "LA REINE" LES AGREMENS, DIR GUY VAN WAAS
Pour se lever d'un bon pied, Marie-Antoinette faisait jouer à son réveil une symphonie de Haydn, surnommée depuis cette marque de faveur monarchiquen « La Reine ». A défaut de clairvoyance politique, la fille de l'impératrice Marie-Thérèse, qui avait reçu à Vienne une éducation musicale soignée, possédait une oreille et un jugement très sûrs. Sa symphonie préférée est l'une des plus fringantes et des plus enjôleuses (la « romance » du deuxième mouvement) d'un lot de six, commande en 1785 au maître de chapelle des princes Esterhâzy par le chevalier de Saint-Georges pour ses Concerts de la Loge olympique. Comme le Concert spirituel dirigé par Le Gros, cette société maçonnique gagnait le public parisien à la cause de Haydn - grâce, notamment, à sa symphonie « Les Adieux » et à son spectaculaire gag au cours du final (chaque instrumentiste quittant l'un après l'autre son pupitre, pour marquer son impatience à obtenir un congé et regagner ses pénates !). Pour bien commencer cette année du bicentenaire de la mort de Haydn, comme Marie-Antoinette sa royale journée, l'enregistrement de l'ensemble belge Les Agrémens possède la vertu apéritive appropriée. G.
Voici un CD qui vous permettra de découvrir la magnificence musicale qui pouvait accompagner les cérémonies d’un sacre, ici celle d’un empereur du Saint-Empire, Matthias Ier. Lambert de Sayve fait partie de ses nombreux musiciens wallons (liégois), qui ont laissé dans l’histoire de la musique ancienne des œuvres superbes que nous n’avons pas fini de redécouvrir. Comme beaucoup de ses compatriotes, c’est auprès des Hasbourg qu’il trouva sa place, accomplissant l’essentiel de sa carrière de Maître de Chapelle auprès de celui qui allait devenir Matthias Ier. La messe qui nous est ici proposée est une reconstitution où l’on retrouve l’ordinaire de la messe (interprété par les Psallentes) et l’une des trois messes de Lambert de Sayve, Super Dominus Regnavit. Si l’on peut y surprendre des influences, et en particulier celle de Gabrieli, l’œuvre qui nous est ici offerte n’en possède pas l’élégance fluide et diaphane du maître du baroque vénitien. C’est une œuvre dont la beauté n’est pas celle de l’émotion mais plus plutôt celle d’une mise en scène quasi théâtrale du chant au service de la gloire d’un souverain. La somptueuse polycholarité (16 voix) de cette messe vient souligner le caractère sacré de l’évènement qu’elle célèbre. Le Chœur de chambre de Namur en souligne la noblesse, et l’équilibre vocal entre les différentes parties, de la pureté des sopranos au sombre appui des basses, démontre et impressionne l’auditeur, lui rappelant que l’Empereur est sur Terre le représentant de Dieu. La Fenice apporte un accompagnement brillant au chant, venant au son des cornets, trombones et bassons proclamer la splendeur de cet instant. Cette œuvre permet à Jean Tubéry, de nous faire partager sa passion des voix et des chœurs tout en nous offrant de découvrir les richesses que nous ont laissé des compositeurs aujourd’hui méconnus. L’ensemble des interprètes défend avec ardeur cette messe, œuvre exigeante, mais dont la découverte est essentielle, tant elle nous permet, grâce à la qualité de l’interprétation, de percevoir un autre aspect du faste baroque.
Lambert de Sayve (1549-1614) : Messe pour le Sacre de l’Empereur
Matthias. Psallentes (chant grégorien), Hendrick Vanden Abeele, solo et
direction. Chœur de chambre de Namur, La Fenice, cornet et direction :
Jean Tubéry. 1 CD Ricercar Ric 266. Code barre : 5 400439 002661.
Enregistrement à Liège, salle philarmonique et à Bolland (B) en
l’église Saint-Apollinaire, en septembre 2006. Notice bilingue:
français, anglais ; Durée totale : 52’32’’
Gossec, Critique anglaise
sur Classiconline
Dim 15 Juin 2008 Les Agrémens
This is the fourth Ricercar CD in that company's 'Paris au temps du Concert Spirituel' series. The orchestra used throughout is Les Agrémens conducted by Guy Van Waas. This is the second Gossec from Ricercar: the first being RIC 218 with three of the op. 12 symphonies and the clarinet concerto by Gossec's great encourager Johann Stamitz. RIC 234 includes airs and ballet movements from André Modeste Grétry. RIC 242 'Concertos Wallons a Paris' has concertos and Symphonies Concertantes by Gossec, Grétry, Dieudonné-Pascal Pieltain and Antoine Frédéric Gresnick. Gossec under the influence of Stamitz became a champion of the orchestra. He wrote some twenty symphonies between 1756 and 1765 and grew in stature to become one of the leading Parisian composers. His operatic forays met with little success at the time. The present inventive and well proportioned diminutive works by a composer who was a contemporary of Beethoven are firmly grounded in the language of the London symphonies of Haydn and the Mozart of symphonies 36, 40 and 41. There's nothing of the Beethovenian storm about them unlike for example the symphonies of Ries or closer to Gossec's home, Méhul. They bask in a gracious Mozartean light and radiate no little Jovian majesty. Often the woodwind sing out in soloistic eloquence. This thirty-strong orchestra has a rude and reedy truthfulness about it and the recording complements it with a close orchestral balance. The symphonies are in contrast to the even more expressive Sabinus music with its Embracing of Handelian pageantry, romantic melodrama, Haydn-like trumpet solos and fantasy ballet-scenes. In the symphonies one can hear Gossec's respect for his models. In Sabinus he allowed himself the freedom of his own imaginative creativity. It is no wonder that the young Thomas Beecham, exploring the music libraries of Paris, became so enamoured of 18th and 19th century French composers such as Gossec and Méhul. The Tambourin (tr. 17) begins to trace a lineage forward to Bizet in his Arlésienne music. Such exotica as pizzicato strings and castanets - here just a shade arthritic - put in an appearance in the Pas Espagnol (tr. 18). The symphonies are given thrummingly lively performances and the slightly coarse immediacy of the instruments adds to the pleasing effect. Surprises and imaginative coups aplenty. Rob Barnett
François Joseph GOSSEC (1734-1829)
Trois Grandes Symphonies /op. VIII (1765): No. 1 in E flat major[18:07]; No. 2 in F major [14:21]; No. 3 in E flat major [14:39]
Sabinus /- Suites de ballets (1773) [20:53]
Les Agrémens/Guy Van Waas
rec. Liège, Salle Philharmonique, September 2006, September 2007. DDD
RICERCAR RIC263 [57:58]
Cantates de Noël de Bach Choeur de chambre de Namur Les Agrémens Jean Tubéry, direction
Samedi 19 avril 2008 par Fernand Bretton sur Classique Info
Le « corpus » des cantates de Johann Sebastian Bach est suffisamment riche, même si hélas il nous en manque la moitié, et suffisamment peu enregistré pour que nous nous réjouissions de la venue de nouveaux interprètes de ces œuvres primordiales dans la production du célèbre cantor de Leipzig. Jean Tubéry et le Choeur de Chambre de Namur, qu’il dirige depuis plusieurs années ont choisi des cantates de Noël qui ne sont pas parmi les plus connues et enregistrées. La cantate 121 concerne le deuxième jour de la fête de Noël et les 64 et 133 sont assignées au troisième jour. Ces trois cantates ont des points communs quant à l’instrumentation prévue par Bach. Il renonce ici aux trompettes festives mais limitées quant à leur possibilité mélodique, et il les remplace par un cornet à bouquin pour doubler la partie soprano et trois trombones (alto , ténor et basse) pour les autres voix. Chacune de ces cantates comporte en outre au moins une aria accompagnée par un hautbois d’amour.
Le Choeur de Chambre de Namur et son ensemble instrumental associé « Les Agrémens » ne sont plus à découvrir, et confirment ici sous la direction de leur chef Jean Tubéry une remarquable souplesse et une sonorité qui approche les meilleurs dans ce genre. Toutefois Tubéry, qui tient aussi l’exigeante partie de cornet, n’atteint peut être pas l’engagement qu’obtient par exemple John Eliot Gardiner de son mythique Monteverdi Choir, mais la nuance est très mince. Les solistes ont une part importante dans toutes les cantates de Bach, et on pouvait craindre ici des déceptions en apprenant qu’ils sont tous sortis du choeur. Une écoute superficielle pourrait confirmer ces craintes, mais elles s’effacent vite devant la beauté des timbres, particulièrement chez le ténor Henning Kaiser dans l’aria de la cantate 121, qui a la voix idéale pour ce répertoire. En fait la légère « faiblesse » que l’ont croit déceler tout d’abord, vient semble-t-il d’un déséquilibre de la prise de son qui tout simplement met en avant l’orchestre, qui bien sûr ne couvre pas les voix, mais les laisse regrettablement un peu en retrait. Un très beau disque de cantates de Bach en définitive, qui laisse espérer une suite et donne un peu plus de choix dans la discographie.
Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantates « Ich freue mich in dir » BWV 133, « Sehet, welch eine Liebe hat uns der Vater erzeiget » BWV 64, « Christum wir sollen loben schon » BWV 121 Choeur de chambre de Namur Les Agrémens Jean Tubéry, direction 1CD Ricercar RIC 257, enregistré à l’église St Loup de Namur du 2 au 4 décembre 2006.
Presse 2007
Extraits choisis 2007
Dim 16 Mars 2008 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
« Une expérience des plus intéressantes, très applaudie par les spectateurs ravis. »
(Vers l’Avenir, à propos d’un concert « contrastes » – février 2007)
« Dans un théâtre rempli, les solistes, le Chœur de Chambre de Namur et La Grande Ecurie nous ont offert un opéra puissant comme l’empire de Rome. De la belle ouvrage ! »
(La Voix du Nord, à propos de la Clémence de Titus de Mozart, mars 2007)
« Une très émouvante “Vierge des douleurs” au National… » « Un travail impressionnant » (La Libre Belgique et Le Soir, avril 2007, à propos de la Vergine dei Dolori de Scarlatti) « Gelukkig kan je als luisteraar ook je ogen sluiten, of beter nog : in de orkestbak kijken, en je laven aan het aanstekelijk attente spel van Les Agrémens» (De Standaard, avril 2007, à propos de la même production).
« A la découverte du ravissant petit théâtre de la reine Marie-Antoinette, avec l’excellent ensemble belge Les Agrémens, dirigé par Guy Van Waas. »
(Le Nouvel Observateur, à propos de la diffusion sur Mezzo de l’émission « Le Petit Théâtre de Marie-Antoinette » – mai 2007)
« Zum Auftakt gastierte das Ensemble « Les Agrémens » - ein Engagement, das die Bedeutung der belgisch Künstler unterstrich Von Gossec erklang. Sie pflegt pompöse Melancholie und verspielte Verzierungen […] das Finale Vivace stürmte, dies vollbrachten die belgischen Künstler mit hinrei endem Charisma » (Augsburger Allgemeine, à propos d’un concert Gossec / Haydn, mai 2007)
« Une reprise confiée à Jean Tubéry, à la tête des Agrémens et du Chœur de Chambre de Namur […], rendant justice à l’écriture raffinée de Bartholomée, faisant danser la musique ou la dotant d’insondable mystère, Tubéry offrit ainsi de ce court chef-d’œuvre une version colorée, chambriste, à la fois éloquente et distanciée… » (La Libre Belgique, à propos d’un concert Bartholomée, juin 2007)
« Un beau cadeau d’anniversaire que cet Octave de la Musique… au cours de sa carrière, l’ensemble aura récolté les plus belles récompenses, mettant à l’honneur le magnifique potentiel artistique musical et vocal de notre Communauté. » (Vers l’Avenir, juin 2007, à propos de la remise de l’Octave de la Musique Classique).
« On s’abandonne donc au ravissement de cette musique qui, venue de si loin, continue de susciter l’émotion. En cela, le travail de Christophe Deslignes et la superbe mise en place, doublée d’un plaisir on ne peut plus communicatif des chanteurs et musiciens qu’il dirige, ont parfaitement atteint leur but. » (Le Soir, à propos d’un concert du Livre Vermeil, juillet 2007)
« Le Chœur de Chambre de Namur retrouvait ici ses anciens complices de la Messe des fous de joyeuse mémoire, et si les deux spectacles sont totalement différents quant à leur contenu, ils sont totalement semblables dans la qualité exceptionnelle d’interprétation, d’une intensité extraordinaire du début à la fin. »
(Vers l’Avenir, à propos du même concert – juillet 2007)
« Le Chœur de Chambre fut impressionnant de beauté, avec des nuances somptueuses qui ont soulevé l’enthousiasme des spectateurs, tandis que les instrumentistes des Agrémens sont arrivés à un haut degré de perfection. »
(Vers l’Avenir, à propos d’un concert de l’oratorio de Pietro Torri – juillet 2007)
« Pour donner à cette découverte tout son éclat, Tubéry avait rassemblé autour de lui ses troupes habituelles : Chœur de Chambre de Namur en état de grâce, l’orchestre Les Agrémens, et un groupe de solistes pour part issus du chœur.»
(La Libre Belgique, à propos d’un concert Torri – juillet 2007)
« De nombreux interprètes dignes d’éloges étaient réunis pour cette soirée […] et le Chœur de Chambre de Namur, superbe d’équilibre et d’expressivité… A la direction, Guy Van Waas livra une lecture magnifiquement inspirée, lyrique mais sans pathos excessif, à la fois souriante et émouvante. »
(La Libre Belgique, à propos d’un concert du Requiem de Fauré – août 2007).
« Fauré fait porter à un discours fort et intense tout le poids d’une méditation sur la mort à laquelle Guy Van Waas, le baryton Jan Van Der Crabben et le Chœur de Chambre de Namur donnent tout son poids de ferveur »
(Le Soir, à propos d’un concert du Requiem de Fauré – Août 2007)
« Cette musique est d’une beauté qui subjugue… Jean Tubéry nous révèle des voix, des couleurs, des reflets et parvient à un équilibre si parfait entre solistes, chœur et instrumentistes que de cette musique émane une lumière heureuse, une joie une force qui nous emporte et nous libère.» (ResMusica.com, à propos du CD Pachelbel, septembre 2007)
« Voor het kamerkoor van Namen en het Belgische ensemble Les Agrémens heeft Jean Tubéry een grote dwarsdoorsnede gemaakt van Pachelbels beste werken voor de religieuze dienst… Misschien is Pachelbel als componist niet van het formaat van Buxtehude, dat neemt niet weg dat deze cd als geheel nog interessanter is dan enkele eveneens goede nieuwe opnames van geestelijke muziek. »
(De Morgen, à propos du CD Pachelbel – septembre 2007)
« Guy Van Waas et son orchestre en réalisent une belle exécution, à laquelle le petit effectif et les instruments anciens donnent saveur sonore et lisibilité. Le premier mouvement est un peu crispé, mais la suite est de toute beauté, avec un mouvement lent tout simplement parfait, au tempo juste et admirablement respiré, ainsi qu’aux phrasés simples et fermes. Le menuet est élégant, ni trop rustique ni affecté, et le finale est mené rapidement, avec classe et esprit.» (Anaclase.com, à propos d’un concert Haydn / Gossec / Kraus – septembre 2007)
« Il vous reste deux possibilités de savourer en concert ce superbe Livre dirigé par Christophe Deslignes… l’interprétation de la musique médiévale requiert un sens évident de l’improvisation, une pratique à laquelle le Chœur de chambre de Namur semble se livrer avec de plus en plus de plaisir… »
(Le Soir, à propos des concerts du Livre Vermeil – septembre 2007)
« Restent le chœur et l’orchestre, la bonne surprise de la soirée. C’est la première fois que l’on pouvait entendre le chœur de l’ORW renforcé par le Chœur d’opéra de Namur. Les deux ensembles ont suivi une masterclass donnée par un maître italien, et cela s’entend. L’attaque sotto voce du fameux chœur des esclaves restera le grand moment d’émotion d’une soirée particulièrement animée. »
(Le Soir, à propos de Nabucco – septembre 2007).
« Mais les grands triomphateurs vocaux de cette soirée sont peut-être plus encore les chœurs : ceux de l’ORW, bien sûr, mais aussi le Chœur d’opéra de Namur, récemment formé. La symbiose semble s’être faite très harmonieusement, chose bienvenue dans un ouvrage qui donne autant d’importance aux masses chorales. »
(La Libre Belgique, à propos de Nabucco – septembre 2007)
« Jean Tubéry donne à chaque partition sa juste perspective, entre effusion dialoguée et vitrail chamarré, dévoilant avec clarté les structures des cantates chorals. En petit effectif, le Chœur de chambre de Namur fait preuve d’une éloquente volupté. Même bonheur du côté des instruments des Agrémens, violons mordants, altos ténébreux, continuo efficace. » (Diapason, à propos du CD Pachelbel – octobre 2007 – cote : 5 diapasons)
« L’interprétation des cantates et motets procède, pour chacun d’eux, de mises en perspective étonnantes. Les Agrémens se surpassent dans la gestion fine des continuos. Impeccable Chœur de chambre de Namur, pour la charpente et l’affect. Vwolè porquwè no s’tont firs d’ iès Wallons. De temps en temps. » (Le Vif, à propos du CD Pachelbel – octobre 2007)
« La fluidité sonore l’emporte sur l’effet gratuit, le raffinement sur la puissance, la sensibilité sur le montage bruyant ! Impeccable de justesse se présentent les instrumentistes des Agrémens et les membres du Chœur de chambre de Namur […] Quelle belle soirée révélatrice du point de vue de la partition, servie ce soir avec une conscience musicologique et un métier artistique de grande classe ! Superbe ! »
(Luxemburger Wort, à propos d’un concert Torri – octobre 2007)
« Les Belges peuvent se montrer fiers des distinctions récoltées cette année. On y ajoutera le Choeur de Chambre de Namur, lauréat des Octaves de la Musique, et qui a enchanté le Festival de Wallonie tout en publiant un remarquable enregistrement consacré à Pachelbel» (Bilan de l’année 2007 dans Le Soir – décembre 2007).
« Le souci de clarté, instrumentale comme vocale (signalons ici la finesse de la diction pour des chanteurs essentiellement non germanophones) est ici permanent, et cependant si naturel que l’on se surprend à vivre ces pages – ne croirait-on pas tout bonnement assister à une célébration à Leipzig en entendant le saisissant Allein in der Höh a cappella ? Les Agrémens demeurent sans conteste le plus bel élément de l’ensemble. Dès l’éblouissante ouverture du programme (exemplaire premier chœur de la cantate BWV 133), les instrumentistes imposent une fermeté toute en nuance, sans précipitation, subtile et dense, et à la fois attentive aux solistes.»
(Classica-Répertoire, à propos du CD de cantates de Bach – décembre 2007 – cote : 9/10)
Un compositeur « canon »
Critique Disque Pachelbel
Ven 07 Mars 2008 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
Un compositeur « canon »
mercredi 5 mars 2008 par Laurent Marty
Publié le mercredi 5 mars 2008 sur classiqueinfo par Laurent Marty
Si l’on déplorait ici le peu d’écho public donné en 2007 au tricentenaire de la mort de Buxtehude, malgré quelques parutions discographiques d’importance, c’est peu de dire que l’anniversaire de son contemporain Pachelbel - oui, oui, celui du « canon » - est lui passé totalement inaperçu.
On n’en est que plus heureux de fêter la réussite de Jean Tubery dans ce disque, enregistré dans le cadre des vingt ans du Chœur de chambre de Namur, qui offre un panorama assez complet de ses compositions religieuses. Trois grandes cantates, deux motets et trois œuvres pour orgue donnent en effet une idée précise du style de ce grand précurseur de Bach - il était d’ailleurs ami de son père, Johann Ambrosius. Mélange de piété germanique, de solidité harmonique et d’une touche d’exubérance mélodique que n’eut pas renié l’Italie, cette musique à cheval sur deux univers, très colorée, ne manque pas de charme.
D’autant que vingt ans, c’est le bel âge, ce n’est pas le Chœur de Namur, grand héros de la fête, qui le contredira. Une grande allégresse éclate dès le motet « Jauchzet dem Herrn ». Précision de l’articulation, acuité rythmique, couleurs fraîches faisant la part belle aux sopranos, tout cela est pimpant, plein d’un élan juvénile. Les sonorités assez râpeuses de l’orchestre accentuent plutôt l’archaïsme de l’écriture, comme en atteste par ailleurs le remplacement des hautbois par des cornets à bouquins dans la cantate « Jauchzet dem Herrn ». Ce n’est pas un contresens historique, mais cela change notablement la couleur et tire plus l’œuvre vers Schütz que vers Bach. Dommage, cependant, que l’ensemble soit par moment un peu maigre, et la justesse des cordes bien fragile dans « Christ lag in Todesbanden ». À l’orgue, David van Bouwel sert les deux partitas avec beaucoup de fluidité et un goût bienvenu pour des registrations aériennes, sur le bel orgue Thomas de l’église de Gedinne. La prise de son, très réussie sur l’orgue et les chœurs, est un peu confuse dans les cantates et dessert les interventions solistes qu’elle noie derrière l’orchestre. Avec ses quelques faiblesses, mais un élan général irrésistible, une belle introduction à l’œuvre religieuse d’un compositeur qui mérite le détour.
Johann Pachelbel (1653-1706), Cantates « Christ lag in Todesbanden »,
« Was Gott tut, das ist wohlgetan », « Jauchzet dem Herrn », motets et
partitas.
David Van Bouwel, orgue
Chœur de chambre de Namur
Les Agrémens
Jean Tubery, direction.
1 CD Ricercar RIC 255 Enregistré en octobre 2006 à Bolland.
Pachelbel, critique du disque
Vwolé porquwé no s'tont firs d'iès Wallons
Lun 04 Février 2008 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
Cette
production pourrait servir de carte d'identité musicale à
Johann Pachelbel (1653-1706). On n'y retrouvera pas les inévitables
Canons, et c'est préférable pour se faire une idée moins figée d'un
compositeur qui excerça une influence décisive sur Bach. Les pièces
d'Orgue présentées ici l'attestent d'emblée. David Van Bouwel
transcende les possibilités sonores du petit clavier de l'Eglise de
Gedinne. La musique vocale religieuse du maître allemand trouve dans la
verve de Jean Tubéry, un redéploiement inédit. L'interprétation des
cantates et des motets procède, pour chacun d'eux, de mises en
perspective étonnantes.
Les Agrémens se surpassent
dans la gestion dans la gestion fine des continuos. Impeccable
Chœur de chambre de Namur, pour la charpente et l'affect. Vwolé porquwé
no s'tont firs d'iès Wallons
Ph. M dans Le Vif (11
janvier 2008)
Bach, critique parisienne
La famille Bach fait chatoyer les chœurs
Jeu 17 Janvier 2008 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
<span style="font-weight: bold;">[Paris] La famille Bach fait
chatoyer les chœurs
</span><br>Sur <a
href="http://www.resmusica.com/aff_articles.php3?num_art=4839">Resmusica
</a>par <a
href="mailto:monique.parmentier@resmusica.com">Monique
Parmentier</a><br><br>Jean Tubéry, le Chœur de
chambre de Namur et les Agréments ont arrêté le temps en ce 9 janvier,
en nous faisant entendre durant une soirée intitulée « Une soirée de
motets de la famille Bach » des œuvres qui ne sont pas loin de pouvoir
être considérées comme le sommet de la polyphonie baroque. Rappelons
que Jean–Sébastien Bach, cantor de Saint Thomas de Leipzig se devait
d’offrir la musique des offices religieux mais également de faire
chanter les élèves de l’école qui dépendait de cette église lors des
enterrements. Seul six motets de sa main nous sont parvenus et un seul
parmi les six semble avoir été composé pour une circonstance festive,
c’est celui qui a conclu la soirée, Singet dem Herrn ein neues Lied BWV
225. <br><br>En construisant son programme autour de la
famille Bach, dont l’âme a fait vivre la musique sur plusieurs
générations, Jean Tubéry a trouvé une architecture semblant illustrer
le triomphe de la lumière sur les ténèbres. Débutant sur l’annonce de
la venue sur terre du sauveur, lumière délicate et lointaine et
pourtant si glorieuse, de l’Etoile du Berger qui l’accompagne (Merk
auf, mein Herz, und sieh dorthin), la musique nous entraîna à suivre
cette marche dans l’ombre qu’est la vie humaine (Unser Leben ist ein
Schatten auf Erden – Notre vie est une ombre sur Terre), la traversée
des épreuves pour parvenir à la résurrection.
<br><br>Soutenue par une basse continue à l’exceptionnel
équilibre, composée de cinq instrumentistes talentueux des Agréments,
qui pour certains nous ont offerts de très beaux passages solistes (la
suite pour violoncelle a été un instant d’une volupté et d’une
virtuosité touchant au sublime !), le Chœur de Chambre de Namur a donné
aux paroles de ces motets non seulement leur force de conviction, mais
a su faire vibrer nos peurs et nos joies, utilisant une ornementation
sobre, expressive et intense, ainsi que les effets de spatialisation,
faisant de l’auditorium un Espace céleste. On n’écrira jamais assez que
Jean Tubéry est un magicien, dont la direction extrêmement précise,
dans laquelle il n’économise ni sa fougue, ni son ardeur, ni une réelle
élégance, permet de rendre à cette musique sa suave et irradiante
beauté, sa joie sans pareil. Les applaudissements nourris du public à
la fin du concert, dans un auditorium archicomble étaient un juste
hommage aux talents des artistes et à cette flamme intense qui a
habité, le temps d’un concert, nos cœurs égarés.
<br><br><span style="font-style: italic;">Ce concert
sera diffusé par France Musique le 25 janvier 2008 à 16
heures </span><br>
La Libre Belgique au sujet des Motets de Bach
Namur, nouvelle patrie des Bach
Jeu 10 Janvier 2008 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
Namur, nouvelle patrie des Bach Critique (10 janvier 2008) de
Martine Dumont-Mergeay dans La
Libre
À travers le motet, le génie d'une
famille et d'une époque. Au sortir du concert donné mardi à l'église
des Minimes à Bruxelles, une première question surgit à l'esprit : que
sommes-nous devenus depuis ces XVIIe et XVIIIe siècles qui abritèrent
la famille Bach ? Comment des hommes qui cumulaient des fonctions
d'organiste, de facteur, de greffier municipal - parlant ici de Johann,
Johann Michael et Johann Christoph Bach, l'ancêtre et les oncles de
Johann Sebastian -, de père et d'époux, ont-ils pu, en plus, écrire des
oeuvres aussi puissantes, aussi fouillées et aussi séduisantes que
celles proposées par Jean Tubéry à la tête du Choeur de Chambre de
Namur et des Agrémens ? Sans parler de Johann Sebastian lui-même, chez
qui la complexité mathématique (cosmogonique), la spiritualité et la
sensualité sont conjointement hissées à des sommets jamais atteints.
Illustres précurseurs, certes, mais, en dépit des immenses talents des
"fils de Bach", quels successeurs ? Deuxième question (plus locale) :
dans ce répertoire d'une folle exigence, combien de formations peuvent
aujourd'hui rivaliser avec le Choeur des Chambre de Namur ?
Certainement pas plus de trois ou quatre en Europe (on ne citera pas de
nom). Car, dans les motets en question, la virtuosité est partout et, à
supposer que toutes les embûches de contrepoint, de hauteur, de
justesse, de rythme soient parfaitement maîtrisées, il faut y encore
insuffler l'esprit, la tension dramatique et la poésie (pour faire
bref).
Mardi, tout cela était au rendez-vous. Le
concert s'ouvrit sur un motet étourdissant de Johann Christoph (1642 -
1703) : une phrase à l'unisson et a cappella, de type modal, reprise
ensuite par tout l'effectif - vingt-six chanteurs alignés en "livre
ouvert" de soprano à soprano, et les cinq musiciens du continuo - dans
une efflorescence de timbres et d'harmonies, traça la voie du concert,
tout en indiquant clairement le tribut versé par la famille Bach au
patrimoine occidental. Il prit fin avec, en bis, une seconde version de
l'immémoriale mélodie de Crüger, "Jesu meine Freude" dans la version de
Johann Sebastian. On l'avait entendue plus tôt, entrelacée dans le
motet "Halt, was du hast" de Johann Michael : la boucle était
bouclée.
Presse 2006
Extraits choisis 2006
Mar 06 Février 2007 Choeur de Chambre de Namur/Les Agrémens
« Cordes et vents denses et doux, trompette non invasive, mouvements impétueux mais raisonnés : la direction de Tubéry marie les contraires et les porte à l’équilibre. Pas de solistes en vedette, mais une étonnante ferveur d’ensemble, qui enthousiasme […] Ce Te Deum atteint une densité jubilatoire qui le porte d’emblée au sommet de sa discographie […] Le choeur sonne avec une plénitude festive, une présence naturelle et en même temps une certaine douceur, dans un parfait équilibre. »
(Classica-Répertoire, à propos du CD Charpentier, février 2006)
« Wonderful ! »
(BBC Music Magazine, février 2006, à propos du même CD – Cote : Disque du Mois de BBC Music Magazine)
« Tubéry offers us something very different [par rapport à la version de William Christie, NDLR] : his instrumental timbres are more varied and interesting, the choral singing is relaxed, the soloists are cleaner and more precise, and the overall recording is wonderfully atmospheric. »
(International Record Review, mars 2006, à propos du même CD)
« Ce qui saute aux oreilles dès la première écoute est l’extrême cohérence de la réalisation de La Fenice et du choeur. Le Choeur de Chambre de Namur confirme sa réputation d’excellence avec des pupitres très denses qui conservent une grande souplesse d’articulation. » (Forumopera, à propos du CD Carissimi, mars 2006)
« Ces trois pages sont interprétées avec grand soin, tant par le chœur et par les solistes qui en sont issus que par La Fenice. Le style interprétatif frappe par le souci de la continuité émotionnelle et de la rhétorique de la fluidité qui caractérisent ces œuvres passionnantes. » (Le Monde de la Musique, avril 2006, à propos du même CD – Cote : 4 étoiles)
« Cet enregistrement admirable est sans doute le premier qui permette de considérer successivement les trois facettes du génie de Carissimi […] Les versions concurrentes s’effacent aujourd’hui devant la beauté des voix solistes du chœur de Namur, la richesse de coloris de l’accompagnement instrumental, et surtout l’intelligence de la direction de Jean Tubéry […] il cisèle les plus infimes détails de cette monumentale architecture, souligne les figures rhétoriques du discours de Carissimi et fait chatoyer voix et instruments pour offrir l’une des réalisations les plus abouties de tout ce répertoire. » (Diapason, avril 2006, à propos du même CD – Cote : 5 diapasons).
« Le grand triomphateur de la soirée aura sans nul doute été l’orchestre, excellent de bout en bout. Placé sous la direction riche en lyrisme et en contraste de Guy Van Waas, les Agrémens, sonnant avec enthousiasme et compétence, savent faire entendre à la fois la tradition haendelienne et la modernité mozartienne. »
(La Libre Belgique, à propos d’un concert Der Messias – mars 2006).
« Les beautés de ce programme élaboré avec intelligence sont si bien mises en valeur par Jean Tubéry, qui, une fois de plus, entraîne ses collègues de La Fenice et du Chœur de Chambre de Namur vers des sommets rayonnants. Cela devient une habitude… mais on ne s’en lasse pas ! »
(Crescendo, avril 2006, à propos du même CD – Cote : 10/10).
« Ce prix tombe à pic pour rappeler qu’avec le Collegium Vocale en Flandres et le Chœur de Chambre de Namur, la Belgique est au top en matière chorale. » (Le Soir, à propos du Prix Liliane Bettencourt – novembre 2006). « Si on a peu souvent entendu le Chœur de Chambre de Namur dans Bach, la rencontre s’avéra plus que probante, faisant espérer le CD qui devrait suivre. Sonorité parfaite d’un orchestre et d’un chœur en parfaite symbiose, menés avec ce qu’il faut d’expressivité et de profondeur par Jean Tubéry. » (La Libre Belgique, à propos d’un concert de cantates de Bach – décembre 2006).
« Le Chœur de Chambre de Namur, bel équilibre et présence active, agit comme le protagoniste essentiel de l’œuvre. »
(Classic Toulouse, à propos d’un concert de l’Oratorio de Noël de JS Bach – décembre 2006).